Num\Spécial! Mutabar Tadjibayeva: Machinations et victimes des «CAMPAGNES GLOBALES»!

26 JUIN – LA JOURNÉE INTERNATIONALE POUR LE SOUTIEN AUX VICTIMES DE LA TORTURE 

L’affaire de deux entrepreneurs de Boukhara, les frères Ibodov, ayant attiré une grande attention quelques mois après la publication d’une série de déclarations et des documents vidéos publiés par l’association internationale pour la défense des droits de l’homme «Club des Cœur Ardents».

A l’attention de Madame Brigitte Dufour, directrice d’International Partnership for Human Rights (Belgique) 

Chère Madame Brigitte Dufour,

A une époque, j’avais ajouté votre adresse électronique dans la liste des milliers d’adresses de nos partenaires, dirigeants et représentants des organisations avec qui nous avions collaboré, ainsi que des adresses des journalistes abonnés à la newsletter du site web, de la radio en direct et de la chaîne Youtube de notre organisation «Club des Cœurs Ardents». Suite à la publication d’un article, le document était envoyé automatiquement sur les adresses électroniques évoquées ci-dessus.

Un Détenu de Boukhara est mort après avoir été Torturé

 

Uzbek Detainee from Bukhara is tortured to death 

 

Par ailleurs, le 18 mars dernier, j’ai envoyé sur de nombreuses adresses électroniques les vidéos et les appels de notre organisation concernant le cas de l’homme d’affaires de Boukhara, Ilkhom Ibodov, décédé dans un centre de détention du Service national de la sécurité d’Ouzbékistan dans la région de Boukhara.

Cependant, ni l’organisation International Partnership for Human Rights que vous dirigez, ni les nombreuses autres organisations internationales pour les droits de l’homme n’ont manifesté leur souhait de réagir à mon courrier.

Mais les organisations internationales telles qu’ACAT-France (ONG Chrétienne contre la torture et la peine de mort) et FIDH (Fédération Internationale pour les Droits de l’Homme) ont immédiatement considéré avec sérieux la question et grâce à leur soutien notre organisation, mandatée par la famille d’Ibodov, a réussi à porter plainte contre la torture au Comité de l’ONU.

J’ai présenté publiquement les détails de cette affaire en publiant sur le site web de notre organisation la plainte contre la torture rédigée en anglais et déposée au Comité de l’ONU, l’appel de notre organisation intitulé «Au Comité de l’ONU contre la torture: affaire d’Ibodov, la honte du régime dictatorial!», la liste des meurtriers dans l’affaire d’Ibodov et des fonctionnaires haut placés couvrant leur crime, ainsi que la seconde vidéo intitulée «Affaire d’Ibodov: la honte du régime dictatorial». Le premier enregistrement vidéo était téléchargé sur la chaîne Youtube le 4 mars de cette année.

Affaire d’Ibodov: la honte du régime dictatorial

Mais malgré le fait que, depuis le mois de mars, vous aviez reçu sur votre adresse électronique nos appels en anglais, en français et en russe concernant l’affaire d’Ibodov, ainsi que les enregistrements vidéos relatifs à l’affaire des frères entrepreneurs de Boukhara, vous avez très longtemps gardé le silence.

Et c’est seulement le 24 juin que vous décidé de prendre la parole au sujet de cette affaire en présentant des données absolument imprécises, erronées et inexactes.

Est-ce possible que votre organisation assez célèbre au niveau international n’ait pas trouvé le temps de vérifier tous les détails convoqués dans notre appel avec tous les documents à l’appui?!

Est-ce possible que votre «CAMPAGNE GLOBALE» puisse démarrer par une telle négligence?!

Je crois nécessaire d’exprimer mon opinion concernant votre déclaration qui ignore totalement notre travail de plusieurs mois, et la publication de plus de 50 documents (appels, articles, interviews) sur des sites internet et les réseaux sociaux.

«CAMPAGNE GLOBALE» EN «FAVEUR»
DE LA FAMILLE DE LA VICTIME DES TORTURES ILKHOM IBODOV

Le fait est que:

 

Récemment, le service ouzbek de la BBC a préparé un programme sur la «CAMPAGNE GLOBALE» initiée par plusieurs organisations internationales dans le but d’attirer l’attention de l’opinion publique sur le sort de la famille de l’entrepreneur de Boukhara, Ilkhom Ibodov, décédé dans un centre de détention du Service national de la sécurité de la région de Boukhara.

Peut-être le journaliste de la BBC a «OMIS» d’étudier en profondeur le sujet avant de le présenter à l’attention de l’opinion publique. Dans tous les cas, dans son reportage, le journaliste ne cite jamais les organisations internationales qui participent à cette «CAMPAGNE GLOBALE», il ne précise pas quelle aide serait apportée à la famille de l’entrepreneur décédé ni quelles actions seraient menées dans le cadre de cette dénommée «CAMPAGNE GLOBALE».

Mais malgré tous ces détails oubliés par le journaliste de la BBC dans son reportage, le 24 juin, nous avons révélé dans les documents publiés sur le site web de votre organisation qu’à l’occasion de la Journée Internationale de soutien aux victimes des tortures initiée par l’ONU, International Partnership for Human Rights que vous dirigez (en Belgique) et la Fondation pour les droits de l’homme de Helsinki (Pologne) ainsi que des groupes centrasiatiques pour la défense des droits des l’homme ont lancé une action en ligne dans le but d’attirer l’attention de l’opinion publique sur l’affaire du décédé Ilkhom Ibodov.

Loin de moi l’idée d’exprimer une opinion concernant vos déclarations relatives à la situation des droits de l’homme dans d’autres pays du monde.

Cependant, je suis radicalement opposée au fait que l’organisation que vous dirigez diffuse une information fausse, abusive et éloignée de la vérité au sujet l’affaire des frères Ibodov que notre association «Club des Cœurs Ardents» défend depuis ces sept derniers mois.

Uzbekistan – Investigate alleged torture and death in custody!

Take action Click against torture in Central Asia

Pour ces raisons, j’ai jugé nécessaire d’exprimer mon opinion concernant cette question.

Car nous avons souvent été témoins des cas où, suite à la présentation de l’information fausse ou erronée aux instituts internationaux, les gouvernements l’identifiant comme telle refusaient d’étudier et de traiter cette information.

C’est pour cette raison que je vous ai téléphonée pour rectifier les erreurs dans la présentation de l’affaire d’Ibodov publiée sur le site de l’organisation que vous dirigez mais vous n’avez pas répondu à mon appel.

Lorsque j’ai envoyé un courriel à votre adresse électronique, j’ai reçu une réponse automatique m’informant que vous êtes en congé jusqu’au 22 juillet. 

Le 25 juillet, lorsque vous étiez déjà de retour sur votre poste de travail, je vous ai de nouveau écrit un courriel signalant que les informations publiées sur le site web de votre organisation relatives à l’affaire d’Ibodov sont erronées et je vous avais demandée de vous entretenir avec moi à ce sujet.

Je vous ai même envoyé les liens vers divers documents afin que vous puissiez prendre connaissance de la véritable situation. Mais une fois de plus, vous avez gardé le silence.

J’ai expliqué au représentant de l’organisation internationale pour la défense des droits de l’homme «Human Rights Watch» Steve Swerdlow que les informations concernant l’affaire d’Ibodov publiées sur votre site internet étaient inexactes et que cela manifeste un non respect du labeur des membres de notre organisation qui travaillent depuis plusieurs mois pour apporter de l’aide à la famille de l’entrepreneur de Boukhara, décédé à la suite des tortures.

Nous serions heureux si plusieurs organisations internationales traitaient le problème des droits de l’homme en Ouzbékistan.

Mais nous nous opposons radicalement lorsque certaines organisations internationales ignorant totalement nos appels, diffusent des informations mensongères au sujet de telle ou telle situation, sans saisir le cœur du problème et sans avoir pris connaissance de tous les documents disponibles.

Afin de ne pas laisser s’introduire l’ombre d’un doute sur les faits précis présentés dans les documents et la plainte déposée au Comité de l’ONU contre la torture relatifs à l’affaire d’Ibodov, – documents réunis par le «Club des Cœurs Ardents» et les organisations partenaires, et à cause de l’absence de toute réaction de votre part quant à mes demandes de rectification des inexactitudes dans vos articles relatifs à l’entrepreneur de Boukhara, j’étais obligée de m’adresser à vous à nouveau via le site internet de mon organisation.

Je réitère ma demande de rectifier l’information fausse et inexacte publiée au sujet de l’affaire d’Ibodov dans le cadre de la «CAMPAGNE GLOBALE» sur le site internet de votre organisation.

Je souhaiterais expliquer dans quels paragraphes
de vos articles figurent des erreurs:

Vous écrivez: « … durant 25 jours, Rakhim et Ilkhom Ibodov étaient détenus dans une cellule d’isolement de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la ville de Boukhara. Durant trois semaines, ils n’étaient pas autorisés à recevoir les visites de leurs proches et de leur avocat. Pendant ce temps, quatre de leurs voisins de cellule les battaient tous les jours, en avouant qu’ils agissaient sur les ordres du gouvernement afin de leur soutirer de faux témoignages.     

Le 12 septembre, deux jours après qu’ils soient transférés dans le centre de détention du Service national de la sécurité, Rakhim assure avoir vu son frère battu à mort dans la cellule d’en face par trois officiers supérieurs du Service national de la sécurité.

A plusieurs reprises, les proches d’Ikhlom et Rakhim ont été menacés de représailles en cas de diffusion d’information au sujet de cette affaire…»

En premier lieu, vous écrivez que Rakhim et Ilkhom Ibodov étaient détenus dans une cellule d’isolement de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la ville de Boukhara.

En réalité, ils étaient détenus dans une cellule de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la région de Boukhara.

 En second lieu, vous écrivez «après qu’ils soient transférés dans le centre de détention du Service national de la sécurité». Or, vous ne précisez pas dans quel centre de détention les frères Ibodov ont été transférés: dans le centre de détention du Service national de la sécurité de la ville de Boukhara ou bien dans celui de la région de Boukhara.

 Enfin, vous écrivez que durant trois semaines Rakhim et Ilkhom Ibodov n’avaient pas la possibilité de rencontrer leur avocat et leurs proches.

En réalité, non seulement les proches des frères Ibodov n’ont pas vu Rakhim et Ilkhom durant trois semaines, mais ils ne les ont jamais revus avant la mort du frère cadet, Ilkhom.

Les proches ont revu Ilkhom le 13 septembre 2015, lorsque son cadavre leur a été remis. Autrement dit, ils n’ont revu que le corps inanimé d’Ilkhom quatre semaines après son arrestation.

La famille d’Ibodov a revu Rakhim début novembre 2015, non pas trois semaines après son arrestation, comme vous l’écrivez, mais presque deux mois et demi après que son frère cadet Ilkhom et lui soient arrêtés. En novembre 2015, la mère des deux frères Ibodov, Khoursand Radjabova a été autorisée à rendre visite à son fils aîné au centre de détention «Otbozor» de la région de Boukhara en Ouzbékistan.

Cette rencontre entre la mère et le fils n’a duré que 20 minutes. En décembre 2015, la sœur des frères Ibodov, Dilfouza Radjabova a été autorisée à rendre visite à son frère aîné Rakhim. Or, cette rencontre a duré encore moins de 20 minutes.

En ce qui concerne vos affirmations sur le fait que les frères Ibodov
n’ont pas rencontré leur avocat durant trois semaines: 

Les proches d’Ibodov, ayant fait confiance au juge d’instruction et à l’avocat commis d’office engagé par le Service national de la Sécurité de Boukhara, Djalil Khodjiyev, n’ont pas fait appel à un autre avocat pour Rakhim et Ilkhom au début de la procédure judiciaire. Lorsqu’ils ont souhaité impliquer un autre avocat, l’avocat Khodjiyev engagé par les services spéciaux a déclaré qu’un autre avocat ne fera qu’entraver le bon déroulement de l’affaire et que lui-même se démène pour la libération de Rakhim et Ilkhom Ibodov de prison.

C’est ainsi que l’avocat Djalil Khodjiyev mentait à la famille d’Ibodov. Il craignant que l’intervention d’un autre avocat dans l’affaire puisse révéler qu’elle soit montée de toutes pièces ainsi que les tortures infligées aux frères Ibodov. C’est pour cette raison qu’il tentait de dissuader la famille d’Ibodov de ne pas engager un autre avocat pour la défense de Rakhim et Ilkhom.

La famille d’Ibodov a engagé un avocat seulement 28 jours après l’arrestation de Rakhim et Ilkhom, c’est-à-dire le 12 septembre 2015. A partir de ce jour, cet avocat s’est emparé de l’instruction de l’affaire mais il était déjà trop tard.

En effet, les proches d’Ibodov ont engagé un autre avocat deux jours après le transfert des frères dans le centre de détention du Service national de la Sécurité de la région de Boukhara, autrement dit, lorsque toutes les principales étapes de la procédure relative à cette affaire pénale étaient effectuées et lorsqu’un procès confidentiel avait déjà commencé. En fait, l’avocat engagé par la famille d’Ibodov s’est mis au travail quelques heures avant la mort d’Ilkhom Ibodov au centre de détention du Service national de la Sécurité.

Avant ce jour, c’était Djalil Khodjiyev, l’avocat engagé par le Service national de la Sécurité qui prenait part à toutes les procédures judiciaires. Or les proches d’Ibodov qui avait la possibilité d’engager un avocat par leurs propres soins, n’ont établi aucun contrat avec Khodjiyev. Ce dernier était donc impliqué dans cette affaire judicaire illégalement, en participant à toutes les procédures judiciaires jusqu’au jour de la mort d’Ilkhom Ibodov.

Sa dernière intervention dans le déroulement du procès des frères Ibodov a eu lieu le samedi 12 septembre, lors d’une séance judiciaire fermée qui avait duré seulement 15 minutes.

Le 12 septembre 2015, un jour chômé en Ouzbékistan comme dans le monde entier, s’est tenue une séance judiciaire fermée  d’une durée de 15 minutes. L’avocat Khodjiyev, qui n’avait pas protesté contre l’arrestation de deux innocents ni contre les tortures inhumaines infligées aux frères Ibodov, n’a subi aucune pression. Personne ne s’opposait à ses rencontres avec les frères Ibodov. Puisque il était précisément l’individu qui permettait de bafouer les droits des frères Ibodov en créant les conditions idéales pour la pratique de la torture.

Par la suite, Djalil Khodjiyev participait à l’établissement des protocoles falsifiés, certifiant que les frères Ibodov n’avaient pas subi de tortures, dans le but de dissimuler le crime. Malgré le fait que toutes ces actions soient illégales, il a signé les documents nécessaires en libérant ainsi les criminels en uniforme militaire de toute poursuite judiciaire.

En guise d’exemple à ce qui est énoncé ici, on peut citer le procès suivant:

Après la mort d’Ilkhom Ibodov, ses proches ont porté plainte dans différents organismes nationaux en déclarant que Rakhim Ibodov était également une victime de tortures en détention. A ce moment, l’avocat n’a pas souhaité étudier ces plaintes, il n’a pas contacté les organismes de l’Etat appropriés afin d’organiser une commission et donner la parole à Rakhim Ibodov qui était le témoin des tortures infligées à Ilkhom Ibodov.

Le procureur de la région de Boukhara, Yuldach Rassoulov continuait de fabriquer des documents falsifiés par crainte de voir cette affaire judiciaire montée de toutes pièces être largement diffusée et afin de dissimuler le crime des employés du ministère public et du Service national de la Sécurité de la région de Boukhara, Azim Yunossov, Bakhodir et Inom.

Après le décès d’Ilkhom Ibodov, le procureur Yuldach Rassoulov menait parallèlement l’enquête de l’affaire judiciaire contre les frères Ibodov et l’enquête de l’affaire judiciaire contre des récidivistes extrêmement dangereux qui ont torturé Ilkhom Ibodov dans une cellule d’isolement de l’annexe du Ministère de l’Intérieur. Ce procureur a commis un crime en dissimulant aux organes du ministère public la falsification des documents concernant les crimes de ses complices.

Dans ce but précisément, l’avocat Djalil Khodjiyev, engagé par les services spéciaux, avait signé le protocole «Sur la prise de connaissance de Rakhim Ibodov et de son avocat de la prescription d’une expertise médicale judiciaire» rédigé le 28 novembre 2015. Dans ce protocole il est indiqué que Rakhim Ibodov refuse de prendre connaissance de cette décision. Comme Khodjiyev savait que le document sur la décision de l’expertise médicale judiciaire destinée à déceler les traces de la torture sur le corps de Rakhim Ibodov établi le 29 septembre était falsifié, l’avocat a souhaité ainsi dissimuler son crime et celui de ses complices.

L’aspect falsifié de cette décision consiste dans le fait qu’elle avait été prise le 29 septembre et pour participer aux procédures judiciaires c’est l’avocat engagé par les services spéciaux Djalil Khodjiyev qui a été convoqué et non pas l’avocat engagé par la famille d’Ibodov, Ikrom Radjabov. L’avocat engagé par la famille d’Ibodov pouvait posait la question suivante aux organes d’enquête: «Pourquoi je prends connaissance de la décision du 29 septembre deux mois après sa disposition?» C’est donc l’avocat arrangeant Khodjiyev qui avait été convoqué.

Au cours du procès entamé en février 2016, Rakhim Ibodov avait déclaré à plusieurs reprises qu’il n’avait jamais pris connaissance de la décision sur l’expertise médicale judiciaire, ni du protocole mentionnant qu’il en avait été averti. Il ne savait pas non plus que les conclusions de l’expertise médicale étaient falsifiées. Cependant, le juge n’a pris en considération aucune de ces déclarations de Rakhim Ibodov.

Plus tard, avec notre soutien juridique, la famille des frères Ibodov a porté plainte au Ministère de la Justice d’Ouzbékistan contre les tortionnaires qui ont arrêtés deux entrepreneurs innocents, qui leur ont infligés des tortures violentes à la suite desquelles Ilkhom Ibodov est décédé, ainsi que contre l’avocat Djalil Khodjiyev. Mais les fonctionnaires du ministère de la Justice ont ignoré les demandes de la famille d’Ibodov.

Revenons maintenant à la déclaration publiée sur
le site internet de votre organisation:

«… durant 25 jours, Rakhim et Ilkhom Ibodov étaient détenus dans une cellule d’isolement de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la ville de Boukhara. Durant trois semaines, ils n’étaient pas autorisés à recevoir les visites de leurs proches et de leur avocat. Pendant ce temps, quatre de leurs voisins de cellule les battaient tous les jours, en avouant qu’ils agissaient sur les ordres du gouvernement afin de leur soutirer de faux témoignages.»

En réalité: (ШОКИРУЮЩЕЕ ВИДЕО: УЗБЕКСКИЕ СИЛОВИКИ ЗАПЫТАЛИ СЫНА ДО СМЕРТИ! (18+)

Du 16 au 20 août 2015, dans une cellule d’isolement de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la région de Boukhara, les frères Ibodov étaient soumis aux tortures impitoyables infligées par l’inspecteur de la Direction de la Police judiciaire et de la lutte contre le terrorisme, affiliée à l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la région de Boukhara, portant le surnom de «Barbos» (il est possible qu’il se prénomme Oumid), par le responsable de la direction régionale du Service national de la Sécurité de la région de Boukhara Roustam Azimov, par le dirigeant de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la région de Boukhara Roustam Chokir Ourinov ainsi que par son adjoint dont nous ne connaissons pas encore le nom. Ils obligeaient les frères Ibodov à reconnaître leur culpabilité dans les crimes qu’ils n’avaient pas commis.

Après le transfert des frères Ibodov, «Barbos» est entré dans la cellule individuelle où était enfermé Ilkhom Ibodov, il lui a mis des menottes aux poignés et l’a violemment torturé.

Ensuite, le responsable de la direction régionale du Service national de la Sécurité de la région de Boukhara Roustam Azimov est entré dans la cellule pour contraindre Ilkhom Ibodov à témoigner contre les hauts fonctionnaires que l’entrepreneur connaissait et à déclarer qu’il avait contribué dans le trafic de pots-de-vin destinés à ces fonctionnaires.

Cependant, après le refus d’Ilkhom Ibodov d’obéir à leur volonté, «Barbos» et Roustam Azimon ont procédé à la torture en déclarant que désormais Ibodov ne quittera pas le centre de détention vivant. Ils torturaient les frères Ibodov à tour de rôle afin de leur mettre la pression et les obliger à signer des documents.

Ces tortures ont continué durant plusieurs jours. Ilkhom Ibodov était torturé dans sa cellule de prison de l’annexe du Ministère de l’Intérieur de la région de Boukhara par Azim Yunossov et son employé prénommé Inom.

Craignant que les tortionnaires assassinent son frère cadet Ilkhom et que sa mère et ses filles soient emprisonnées, accusées d’extrémisme religieux, Rakhim était contraint de signer les papiers présentés par les tortionnaires. De son côté, Ilkhom Ibodov craignant pour la vie de son frère aîné et souhaitant l’arrêt des tortures qu’ils subissaient, était contraint également de signer tous les documents vierges des tortionnaires et passer aux aveux extorqués.

Après que les frères Ibodov aient perdu connaissance à la suite des tortures violentes dans leurs cellules de prison, les employés des forces de l’ordre ont appelé l’ambulance. Ils ont reçu une aide médicale urgente pour les blessures graves qu’ils avaient au niveau du foie. Suite aux tortures, le foie de Rakhim Ibodov était très endommagé : il a commencé à vomir du sang. Craignant sa mort, les membres des forces de l’ordre ont diminué l’intensité de ses tortures.

Cependant, Ilkhom Ibodov continuait à protester auprès de son avocat Djalil Khodjiyeva contre les tortures et la maltraitance qu’ils subissaient avec son frère. Il a donc demandé à l’avocat de transmettre un courrier relatant les causes de leur arrestation et les tortures violentes qu’ils subissaient à une personne puissante. Or, l’avocat a transmis cette lettre aux employés du Service national de la sécurité après quoi il était décidé d’éliminer physiquement Ilkhom Ibodov.

Comme nous l’avons communiqué dans nos articles consacrés à l’affaire des frères Ibodov, Rakhim et Ilkhom étaient accusés à deux reprises des infractions administratives et ont subi une arrestation administrative pour une durée de 25 jours entre le 16 août et le 10 septembre. Durant ce temps d’arrestation, éreintés par les tortures virulentes, ils étaient contraints de signer de faux aveux transmis au responsable du département du Service national de la sécurité de la région de Boukhara.

Afin d’éliminer physiquement Ilkhom Ibodov de la prison de Boukhara «Karaoulbazar», des récidivistes extrêmement dangereux (appelés «lokhmatchi») ont été illégalement transférés dans la prison du département du Ministère de l’intérieur de la région de Boukhara. Ainsi, ces «lokhmatchi», Oumid Inagamov, Roustam Djoumayev, Djamchid Safarov et Alexandre Ivanov ont été installés dans la même cellule que les frères Ibodov.

Ces récidivistes éminemment dangereux se trouvaient dans la même cellule qu’Ilkhom Ibodov du 20 août au 10 septembre 2015. Quatre de ces «lokhmatchi» torturaient, humiliaient et insultaient sans cesse Ilkhom Ibodov.

Du 10 au 12 septembre, c’est-à-dire à partir du transfert des frères Ibodov dans le centre de détention du Service national de la sécurité et jusqu’à la mort d’Ilkhom Ibodov, ce ont les employés du Service national de la sécurité de la région de Boukhara, Azim Yunossov, Inom et Bakhodir qui infligeaient à Ilkhom Ibodov des méthodes de tortures insupportables: ils le lançaient contre un mur, ils perçaient ses talons à l’aide de poinçon. Finalement, le corps entier d’Ilkhom était couvert d’hématomes.

Vous écrivez: « … A plusieurs reprises, les proches d’Ilkhom et Rakhim ont été menacés de représailles en de diffusion d’information au sujet de cette affaire…»

En réalité, les proches d’Ibodov sont menacés depuis plusieurs mois pour la simple raison qu’ils collaborent avec moi et mon organisation. Les détracteurs transmettent leurs menaces par la sœur des frères Ibodov, Dilfouza, par le biais de l’avocat engagé par les services spéciaux, Djalil Khodjiyev.

Ils ont annoncé à Dilfouza que si son frère Rakhim
ne s’excusait pas, il aurait de
gros soucis en prison.

 

 

Mais comme Dilfouza a refusé leurs conditions, ils l’ont mise sous surveillance. Durant plusieurs jours, des individus en véhicule aux vitres teintées la suivaient partout. L’un d’eux est sorti de la voiture et l’a suivie jusqu’à son domicile. Dilfouza a eu très peur pensant que cet homme allait l’étranger ou la poignarder.

Depuis ce jour, la mère vieillissante et malade des frères Ibodov est contrainte de rester éveillée tard le soir, jusqu’au retour du travail de sa fille Dilfouza et sa belle-fille, l’épouse de Rakhim Ibodov.

En outre, les employés du bureau du procureur de Boukhara ont convoqué les amis et les élèves d’Ilkhom et Rakhim Ibodov. Les procureurs de Boukhara les ont accusés de lien avec la famille d’Ibodov et ont menacés d’emprisonnement semblable à celui des frères Ibodov toute personne qui diffuserait sur internet les informations relatives à la mort d’Ilkhom Ibodov. Les amis et les élèves des frères Ibodov ont subi une grande pression.

Avant de publier votre déclaration, vous auriez dû lire et écouter les reportages concernant l’affaire des frères Ibodov diffusés en ouzbek et en russe sur la radio «Ozorlik». Ainsi, vous auriez saisi toute la pression que subissent actuellement les proches des frères entrepreneurs de Boukhara.

Madame Brigitte, l’organisation que vous dirigez collabore depuis longtemps avec notre organisation et avec nos partenaires en Ouzbékistan. Durant toutes ces années, vous souteniez les militants de la société civile d’Ouzbékistan.

 

En 2014, cela faisait deux ans que nous travaillions sur le projet de création d’une Coalition contre la torture en Ouzbékistan et nous nous apprêtions à l’envoyer à la Fondation «Soros». Si vous vous rappelez, la dernière fois nous sous sommes rencontrées le 8 août 2014 à Bruxelles, lors du rendez-vous avec la représentante de la Fondation «Soros» Anastasiya Khozyainova.

Je suis étonnée de voir qu’aujourd’hui vous refusez de communiquer avec la dirigeante de l’organisation avec qui vous collaboriez par le passé et refusez de prêter attention aux erreurs dans vos articles que cette personne vous signale.

Probablement vous travaillez désormais dans le cadre d’un projet commun avec des individus dont j’ai refusé la collaboration après le conflit qui a éclaté en 2014 (je décrirai ailleurs les détails concernant ce problème). Peut-être est-ce la raison pour laquelle vous refusez d’échanger avec moi.

Je considère cela comme un manque de respect à mon égard et comme une injustice à l’égard de la famille d’Ibodov dont vous défendez les droits dans le cadre de votre «CAMPAGNE GLOBALE»!

Pouvez-vous répondre, non seulement à moi, mais aussi aux autres représentants de la société civile d’Ouzbékistan qui observent les erreurs que vous avez commises, et aux proches d’Ibodov à la question suivante: accorderez-vous une aide juridique quelconque à la famille des entrepreneurs de Boukhara ou bien vous contenterez-vous de la diffusion des informations fausses et inexactes dans le cadre de la «CAMPAGNE GLOBALE»?

En qualité de dirigeante de l’organisation qui étudie depuis longtemps l’affaire des frères Ibodov, je peux vous dire qu’à ce jour, il convient de travailler dans les directions suivantes:

En premier lieu, il est nécessaire d’engager un avocat qui s’occuperait de l’affaire criminelle liée à la mort d’Ilkhom Ibodov;

En second lieu, il est nécessaire d’engager un avocat qui défendrait Rakhim Ibodov condamné à 8 ans de prison;

Enfin, il est nécessaire d’engager un avocat qui travaillerait à l’annulation de la décision de la Cour économique suprême pour la confiscation des biens des frères Ibodov au profit de l’Etat.

Êtes-vous prête à travailler dans ces directions?

Madame Brigitte!  

Si vous souhaitez réellement prendre connaissance des informations fondées sur les données documentaires exactes, et de l’état actuel véritable de l’affaire des frères Ibodov, je vous invite à suivre les liens suivants et lire nos articles:

https://www.youtube.com/watch?v=bkikkaAb0Dc

http://mutabar.org/en/2016/03/13179

https://www.youtube.com/watch v=078wcLScKG8

http://rus.ozodlik.mobi/a/27750408.html

http://mutabar.org/ru/2016/06/14244

http://mutabar.org/ru/2016/06/14259

http://rus.ozodlik.mobi/a/27821580.htm

https://www.youtube.com/watch?v=078wcLScKG8

https://www.youtube.com/watch?v=bkikkaAb0Dc

http://mutabar.org/uz/2016/03/13096

http://www.ozodlik.org/a/27587467.html

https://www.youtube.com/watch?v=Yu8ipAwf3UU

http://mutabar.org/ru/2016/03/13159

http://rus.ozodlik.org/a/27588743.html

http://mutabar.org/fr/2016/03/13162

http://www.amerikaovozi.com/a/uzbekistan-torture-death-ibodov/3227615.html

https://soundcloud.com/voa-uzbek/ozbekiston-qiynoqlar-olim-va

https://soundcloud.com/blogsahwii/sghvzwxxboih

https://soundcloud.com/tugyon/dilfuza-ibodova-bilan-suhbat-2-qism

https://www.youtube.com/watch?v=kGmOX24vv7k

http://mutabar.org/uz/2016/03/13240

http://mutabar.org/uz/2016/04/13412

http://mutabar.org/uz/2016/05/13945

http://www.ozodlik.org/a/ozbekiston-qiynoq-inson-huquqlari/27748841.html

http://rus.ozodlik.org/a/27750408.html

https://www.youtube.com/watch?v=ElZI2COBcig

http://mutabar.org/ru/2016/06/14259

http://rus.ozodlik.org/a/27821580.html

http://www.centralasian.org/a/27822540.html

http://www.centralasian.org/a/27822785.html

http://inozpress.kg/news/view/id/48862

http://www.amerikaovozi.com/a/torture-in-uzbekistan-ghanikhon-mamatkhonov/3395625.html

http://rus.azattyq.org/a/uzbekistan-silovye-organy/27618324.html

 

MIRSOBIR KHAMIDKARIYEV – ENCORE UN « HÉROS »  DE LA CAMPAGNE GLOBALE

Les «militants» considérés actuellement comme les partenaires de votre organisation diffusent de nombreux appels concernant la mise en place d’une CAMPAGNE GLOBALE pour la défense des victimes de la torture en Ouzbékistan organisée par l’ONG de défense des droits de l’homme Amnesty International.

En effet, au cours de la dernière action menée contre la torture en Ouzbékistan, Amnesty International a mentionné l’exemple du producteur ouzbek Mirsobir Khamidkariyev qui a obtenu en mai 2014 le statut de refugié politique en Russie.

Le 9 juin de la même année il a été enlevé dans le centre de Moscou. Dans la prison ouzbèke, il a été victime des tortures inhumaines à la suite desquelles il a perdu beaucoup de dents.

Or, après sa première libération et l’obtention du statut de refugié politique, après les première tentatives d’enlèvement, le propriétaire de l’appartement où Mirsobir vivait avec son épouse et son jeune enfant a mis dehors toute la famille. Mirsobir et sa famille étaient contraints d’habiter dans divers immeubles en construction pour survivre.

Nous nous sommes alors adressés à plusieurs organisations internationales en demandant une aide financière de 200 dollars pour Mirsobir Khamidkariyev afin qu’il puisse louer un logement temporaire pour sa famille et acheter de la nourriture pour son enfant. Malheureusement, de nombreuses organisations internationales n’ont pas daigné répondre à notre appel, et certaines ont même refusé d’aider la famille de Khamidkariyev.

De la même manière, nos requêtes à l’ONU concernant l’affaire de Mirsobir Khamidkariyev n’ont donné aucun résultat. Et c’est seulement deux après l’enlèvement de Mirsobir Khamidkariyev à Moscou, seulement depuis que son état en prison ouzbèke s’est largement dégradé, les organisations internationales évoquent son cas dans leurs déclarations et le prennent pour exemple dans leurs appels à l’aide aux victimes de la torture en Ouzbékistan.

Dans ce cas précis, vient à l’esprit l’expression «arriver après la bataille».

N’avions-nous pas alarmé plus tôt la communauté internationale au sujet de la situation difficile de Mirsobir Khamidkariyev et au sujet du risque de tortures qu’il encourt en Ouzbékistan?

En outre, notre organisation informait sans cesse la communauté internationale du fait que dans le centre de détention du Ministère de l’Intérieur d’Ouzbékistan, Mirsobir Khamidkariyev subit des tortures et que l’avocat engagé par la famille a refusé «de son plein gré» de défendre son client. Nous communiquions sur de nombreux autres événements qui se déroulaient autour de cette affaire.

En septembre 2014, au cours de la conférence de l’Organisation pour la sécurité et la coopération en Europe à Varsovie, les représentants de notre organisation brandissaient le portrait de Khamidkariyev au milieu des portraits des autres victimes de la torture en Ouzbékistan. Ils souhaitaient attirer l’attention de la communauté internationale sur l’affaire de Khamidkariyev.

Le 28 novembre, au moment de la publication de la liste des prisonniers politiques d’Ouzbékistan sur le site de notre organisation, en qualité de dirigeante, j’ai étudié en profondeur la situation de Khamidkariyev et, ayant publié des dizaines d’articles portant sur destin de cet homme, je l’ai intégré dans la liste des prisonniers politiques d’Ouzbékistan.

Vous pouvez prendre connaissance de nos articles et appels concernant l’affaire de Mirsobir Khamidkariyev en suivant les liens suivants:

http://mutabar.org/en/?s=mirsobir

http://mutabar.org/en/2014/06/11073

http://mutabar.org/ru/?s=%D0%BC%D0%B8%D1%80%D1%81%D0%BE%D0%B1%D0%B8%D1%80

http://mutabar.org/ru/page/2?s=%D0%BC%D0%B8%D1%80%D1%81%D0%BE%D0%B1%D0%B8%D1%80

http://mutabar.org/uz/?s=%D0%BC%D0%B8%D1%80%D1%81%D0%BE%D0%B1%D0%B8%D1%80

http://mutabar.org/uz/page/2?s=%D0%BC%D0%B8%D1%80%D1%81%D0%BE%D0%B1%D0%B8%D1%80

http://mutabar.org/en/2014/06/11076

http://mutabar.org/en/2014/06/11067

http://mutabar.org/en/2014/11/5419

http://mutabar.org/en/2014/06/11073

http://mutabar.org/en/2014/07/11052

https://www.youtube.com/watch?v=J0yaYXbfFw8

http://mutabar.org/en/2014/08/11019

http://mutabar.org/en/2014/10/5454

Malheureusement, à ce jour il est impossible de faire le décompte de nos compatriotes qui deviennent des victimes de la torture seulement à cause du fait qu’ils ne reçoivent pas à temps de l’aide de la part des organisations et des fondations internationales.

Je considère qu’il est temps d’aider réellement ces personnes au lieu d’élever des drapeaux pour leur défense en faisant sa propre promotion, alors même que ces personnes subissent déjà de terribles tortures.  

Bien respectueusement,

Mutabar Tadjibayeva,
Dirigeante de l’Association Internationale
pour la défense des droits de l’homme
«Club des Cœurs Ardents»

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